Fra Angelico est particulièrement à l’aise avec les techniques de l’art gothique et avec les apports de la renaissance. Il conjugue les richesses du gothique aux nouveautés de la perspective ; il fait une synthèse originale qui crée une impression très particulière.
Il retient du gothique la polychromie, l’élégance de la ligne, le rythme. Mais, souvent, le fond doré est contraire à la mise en place de la perspective. On voit des images volontairement simplifiée qu’on retrouve chez Fra Angelico et pourvoyeur d’une sorte de surréalité.
A côté de cette tradition, Fra Angelico met en place la perspective. L’alliance de deux techniques opposées est au service d’une finalité : le peintre a pour visée de créer un langage qui confine à l’expression de la joie et de l’humour. Curieusement, à l’évocation des réalités les plus sordides, on ressent une impression de bonheur et de jubilation, un regard malicieux sur la réalité. Cette peinture semble inspirée. Vasari insiste sur le caractère inspiré de cette peinture, où la surréalité dérive de la réalité même. Cela crée une impression d’angélisme et de surréalité. L’horreur et la souffrance n’existent plus. L’humour, associé aux scènes les plus cruelles, dédramatise l’espace et crée une impression de sérénité : les Chrétiens sont sans inquiétude, sans crainte même dans les situations les plus dramatiques. Cette joie annonce la lumière que les élus partageront dans l’au-delà. Le peintre a parfois recours à l’humour qui est alors une volonté de dédramatiser la scène. La supériorité du sage chrétien est manifeste, il peut affronter n’importe quelle situation, se rapprochant ainsi de Dieu, avant de connaître la joie éternelle.
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